Yvon Dallaire, M.Ps.

Chronique #14 : Avouer son infidélité ?

Chronique #14 : Avouer son infidélité ?

Avouer son infidélité ?
 

Les chiffres sont très variables concernant le pourcentage d’hommes et de femmes infidèles au moins une fois dans la vie. Shere Hite, dans ses deux rapports sur la sexualité des hommes et des femmes, croit que 75 % de ceux-ci seraient infidèles. Son échantillon n’est toutefois pas représentatif de l’ensemble des couches de la population.
 
Les recherches méthodologiques[1] faites sur l’ensemble de la population, des couches les plus libertines aux plus conservatrices, conclue plutôt qu’environ 25 % des hommes et 20 % des femmes auraient une aventure extra-conjugale une fois dans leur vie. Les sondages de certains magazines rapportent des chiffres qui avoisinent les 50 %, peu importe le sexe.
 
Mais, peu importe qui a raison, l’infidélité toucherait un couple sur deux. Est-ce possible d’y survivre ? Ou de la prévenir ?
 
Dois-je avouer mon infidélité ?
Il n’existe pas de réponse toute faite à cette question. Tout dépend de votre motivation, car contrairement à une certaine croyance populaire, l’infidélité est rarement banale. Révéler votre infidélité vous soulagera, mais chargera votre partenaire. Si vous voulez blesser votre partenaire en lui avouant votre infidélité, vous réussirez certainement. Par contre, si vous annoncez votre infidélité pour éclaircir le malaise qui existe dans votre couple et pour améliorer votre relation, je vous encourage à le faire. Mieux vaut alors crever l’abcès, même si subsistera une cicatrice à vie. La seule bonne raison pour avouer son infidélité, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est parce que vous voulez redevenir fidèle.
 
Aux couples qui viennent me consulter suite à une infidélité de l’un et/ou de l’autre, je présente toujours celle-ci comme un « infarctus conjugal ». Peu importe qui a été infidèle, c’est le couple qui en subit les contrecoups. Mais, comme pour un véritable infarctus, si on change les conditions de vie, si l’on abaisse les sources de stress, si on recrée de l’intimité tant verbale que sexuelle, alors là, oui, le couple pourrait survivre à une infidélité. Mais n’allez pas croire que toute infidélité peut devenir thérapeutique.
 
Il vous faut être très clair sur les raisons qui vous pousserait à avouer votre infidélité car le dévoilement de l’infidélité pourrait détruire votre couple. Près de 45 % des couples divorcent lorsque l’infidèle avoue de lui-même, mais ce pourcentage grimpe à 86 % si son partenaire découvre l’infidélité après que l’infidèle l’ait longtemps niée. En moyenne, deux couples sur trois divorcent après l’annonce d’une aventure extraconjugale. 
 
Mieux vaut retarder l’annonce de l’infidélité si votre partenaire vit un moment difficile, comme la mort d’un parent proche par exemple. Mieux vaut taire votre infidélité si vous le faites pour soulager votre conscience ou si vous savez que votre partenaire ne le supporterait pas et vous quitterait ou encore si vous avez déjà décidé de quitter votre partenaire. D’un autre côté, le secret encourage la poursuite de la relation infidèle. La honte, la culpabilité et l’ambivalence qui accompagnent une vie parallèle risquent de pourrir votre relation jusqu’à la séparation ; mieux vaut alors confronter la situation. Il est préférable de taire une infidélité ancienne à laquelle vous avez mis fin, malgré vos remords de conscience, et le fait que vous vivez avec une « épée de Damoclès » au-dessus de votre tête. J’ai en mémoire un couple consultant où la dame avait appris l’infidélité de son partenaire plus de 25 ans après le fait et qui se demandait qui était l’homme avec lequel elle avait passé toutes ces années.
 
Comment annoncer mon infidélité ?
L’annonce d’une infidélité provoque presque presque toujours une explosion. Pour en minimiser les dégâts, assurez-vous d’être motivé par un désir réel d’améliorer votre couple et choisissez un moment d’accalmie. Assurez-vous aussi que votre partenaire est au meilleur de sa forme physique et mentale, car vous aurez à contrôler votre propre hostilité et votre tendance à vous défendre devant la réaction de colère compréhensible de votre partenaire.
 
N’accusez surtout pas votre partenaire d’être le responsable de votre infidélité : « Si tu me disais plus souvent que tu m’aimes ou si tu faisais plus souvent l’amour avec moi, ce ne serait jamais arrivé ». Pour éviter que votre partenaire imagine le pire, ne répondez qu’à des questions légitimes (qui, quand, où), car plus vous donnerez de détails, plus votre partenaire aura de choses à vous pardonner. Soyez patient(e) et laissez à votre partenaire la possibilité de vous exprimer sa colère, sa déception, son sentiment de trahison, sa tristesse… Ne défendez pas votre amant(e) si votre partenaire le critique. Dites que vous l’aimez et que c’est pour cette raison que vous « confessez » votre infidélité : pour sauvegarder et améliorer votre relation car vous avez mis ou voulez mettre fin à votre escapade. Demandez-lui de vous aider à le faire.
 
N’espérez pas un pardon immédiat. Au contraire, vous risquez d’en entendre parler longtemps. Acceptez que votre partenaire revienne régulièrement sur la situation même s’il ne se rend pas compte que vous passez un moment terrible, que vous êtes rongé de remords, que vous aussi avez mal. Comprenez que sa souffrance l’empêche de voir la vôtre. Acceptez d’aller en thérapie si votre partenaire le propose. C’est un signe qu’il veut comprendre et qu’il ne vous rejette pas parce que vous avez été infidèle à votre couple.

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J’aurai l’occasion, le 5 juin prochain à Bruxelles, de débattre avec mon associé et ami, le sexologue Dr Iv Psalti, des conséquences d’une infidélité avouée ou découverte. Le thème « Une infidélité extra-conjugale signifie-t-elle la fin du couple ? ». J’invite donc mes lecteurs et lectrices belges à venir nous écouter.
 
J’en profite pour faire appel aux Bruxellois et Bruxelloises car je suis à la recherche de quelqu’un qui accepterait de m’accueillir du 4 au 13 juin de préférence près d’une station de métro (idéalement près ). En échange, je vous reçois lors de votre premier ou prochain séjour à Québec. Mes hôtes habituels ne peuvent m’accueillir cette fois-ci, d’où mon offre. Je sais que je pourrais loger à l’hôtel, mais je préfère loger chez des gens me permettant ainsi de découvrir les us et coutumes des couples ou des célibataires qui me reçoivent. Si mon offre vous intéresse, contactez-moi.

 
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Cet article est le quatorzième d’une série que j’ai commencée à diffuser le 02 mars 2018 afin de vous partager ce que ma vie, mes partenaires, mes amis, mes professeurs, mes clients, mes livres m’ont appris tout au long des décennies de ma vie. J’espère qu’ils vous seront utiles comme ils l’ont été pour des centaines de couples venus me consulter en thérapie. Pour les recevoir directement dans votre boite courriel inscrivez-vous ici. N’hésitez pas à y inscrire vos parents et ami-es. Pour accéder aux articles précédents, consultez la section Articles de mon site.
 
Vous avez la permission de reproduire et de diffuser ces articles comme bon vous semble, à la condition d’en conserver l’entièreté et la référence. Vous pouvez aussi me joindre en tout temps à yvondallaire@optionsante.com. Je lis tous mes courriels, mais je ne peux vous promettre d’y répondre ou d’y répondre rapidement.
 
Je vous invite à visiter mon agenda  pour connaître mes prochaines activités publiques et professionnelles tant au Québec qu’en Belgique, en France et en Suisse. Mes activités peuvent aussi être offertes dans votre milieu sur demande.
 
Message aux intervenant(e)s en relation d’aide
J’offre depuis 2008 une formation en thérapie conjugale positive (FTCP) brève et axée solutions. Cette formation peut être complétée par une formation en thérapie sexuelle positive (FTSP), elle aussi brève et axée solutions, animée par le sexologue belge Dr Iv Psalti. Ces deux formations sont complètes en elles-mêmes et complémentaires. Elles sont accréditées par l’OPQ et l’OTSTCFQ du Québec en plus d’être recommandées par divers organismes européens. Vous pouvez aussi visiter notre site pour en savoir davantage.
 
Je vous souhaite une excellente journée et beaucoup de bonheur.

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[1] Langis, Germain, La sexualité humaine, Erpi, 2009, p 189.

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