Yvon Dallaire, M.Ps.

Chronique #4 : L’homme, un être d’action

Chronique #4 : L’homme, un être d’action

L’homme : un être d’action.

Je demande régulièrement aux hommes qui viennent me consulter et parfois à mes amis : « Que feriez-vous si vous appreniez qu’il ne vous reste qu’un an à vivre ? » Et j’obtiens, à 90 %, la réponse suivante : « Je pars en voyage. »

Les priorités des hommes tournent autour du faire plutôt que de l’être : pour la majorité, la carrière est leur priorité. Même au travail, les résultats priment sur la dimension relationnelle, d’où le climat de compétition que l’on retrouve généralement entre hommes. Est-ce un préjugé, un stéréotype, un conditionnement social ou une réalité biologiquement fondée ? Les tenants de l’approche culturelle y voient un cliché sexiste qu’il faut combattre ; les évolutionnistes, de simples différences inscrites dans la nature de l’homme au cours des trois millions d’existence de l’humanité.

Spécificités du corps de l’homme
40 % en muscles
10 à 100 fois plus de testostérone
Organes génitaux intrusifs
Vision diurne plus grande
Corps plus carré

Le corps de l’homme est constitué de 40 % de muscles (la femme, 23 %), d’où l’expression du « sexe fort ». Il est généralement plus grand que la femme, court plus vite, vise mieux, voit plus loin et possède un meilleur sens de l’orientation. Ces habilités physiques lui ont permis d’assurer la survie de l’humanité contre tous les prédateurs d’antan, alors que nous étions encore nomades. De tout temps, l’homme a été un chasseur pourvoyeur de nourriture et un guerrier protégeant son territoire. Son objectif : assurer sa propre survie physique ainsi que celle des membres de son groupe. L’homme pense à lui avant de penser aux autres. On le traite souvent d’égoïste à cause de cela, mais son égoïsme est altruiste, car il a appris que, de sa survie, dépend la survie des gens qui l’entoure. C’est pourquoi il met sa force, musculaire et intellectuelle, au service de l’humanité et, évidemment, au service de sa partenaire et de ses enfants, au service des gens qu’il aime.

Quoique possédant les mêmes structures, le cerveau des hommes s’est développé un tantinet différemment de celui de sa partenaire, démontrant ainsi certaines spécificités liées au sexe. La principale différence se trouve dans l’hypothalamus dont certaines parties sont deux à dix fois plus développées. C’est l’hypothalamus qui est responsable des comportements que les psychologues appellent les 4A : agressivité, alimentation, activité sexuelle et accès de fuite.

Point besoin de longues observations pour se rendre compte que les garçons et les hommes sont plus agressifs. Agressif, non pas dans le sens de violence, mais dans son réel sens d’ « aller vers » (ad gressere, en latin). Aller vers la satisfaction de ses besoins, aller au-delà de ses limites (sports extrêmes), aller à la découverte du monde (d’où le goût de l’aventure et des voyages), aller toujours plus haut, plus loin, plus vite, aller à l’encontre… Encore aujourd’hui, comme au temps des chasseurs, l’homme met l’accent sur la survie alimentaire et sur le bien-être physique en s’investissant davantage dans son travail, par au détriment de son épanouissement conjugal et familial. Grâce à son hypothalamus et sa testostérone, l’homme possède une libido plus élevée : quelle femme n’a jamais dit à son partenaire : « Tu ne penses qu’à ça ! ». Finalement, devant un danger dont il ne peut contrôler la source, l’homme a tendance à fuir, à s’enfermer dans le silence et à s’éloigner pour retrouver son calme.

Spécificités du cerveau masculin
Deux hémisphères inégaux
Plus gros de 125 grammes
Hypothalamus plus développé
Corps calleux : 40 % moins d’axones
Amygdale plus grande
Cerveau sexuel : +250 % 

 

Que son corps et son cerveau soient mieux dotés pour l’action ne font pas de l’homme un être supérieur ou inférieur à la femme : ils n’en font qu’un être humain légèrement différent. Ce qui ne veut pas dire que la femme ne puisse pas, elle aussi, devenir un être d’action. Ni que certains hommes ne puissent valoriser la relation. Mais, comme vu dans la chronique précédente, la femme valorise la relation au delà de l’action : elle veut aussi parler d’amour, pas seulement faire l’amour. Ces différences, chez les couples heureux, sont utilisées de façon complémentaire et non opposée.

L’homme sain vise les caractéristiques suivantes : puissance, valorisation de sa vie,  estime de soi, contrôle de sa vie, confiance en soi, affirmation de soi, charisme, égoïsme sain, planification. Il est de plus fonceur, impassible et possède une bonne libido.

L’homme malsain est soit impuissant, soit orgueilleux ; se dévalorise ou devient exploiteur ; se sous-estime ou s’enfle la tête ; se laisse contrôler (yes man) ou contrôle les autres ; doute de lui ou devient méfiant ; est timide ou insolent ; manifeste un altruisme malsain ou devient égocentrique ; hésite ou dirige de façon rigide ; a peur de l’écher ou s’en fiche ; exprime davangate de peurs et de tristesse plutôt que de la colère et de l’agressivité (violence). Et, finalement, possède un faible libido ou devient un obsédé libidinal et utilise la sexualité pour assouvir son pouvoir sur les femmes.

Quant à l’homme normal, il oscille entre ces extrêmes et vise plutôt à devenir l’homme sain décrit plus haut. Il aura d’autant plus de facilité à le devenir qu’il trouvera une partenaire saine qui s’épanouira elle aussi à son contact.

À la question ci-haut, je demande aussi à mes clients hommes : « Voyageriez-vous seul ou avec quelqu’un d’autre ? ». Un homme sur deux seulement me répond : « Avec ma compagne et ma famille ». Ce que je trouve particulièrement significatif. Mais il faut dire qu’ils viennent en thérapie conjugale, donc qu’ils songent à la séparation.

Pour en savoir davantage :
– DeAngelis, Barbara. Les secrets sur les hommes que toute femme devrait savoir, P. Nadeau.
– Kimura, Dorenn, Cerveau d’homme, Cerveau de femme, Éd. Odile Jacob
-Dallaire, Yvon, Moi aussi, Moi, plus. 1 001 différences homme-femme, Éd. Option Santé.

La prochaine chronique : Le couple, un organisme vivant.

•     •     •     •     •

Cet article est le quatrième d’une série que j’ai décidé de diffuser sur les réseaux sociaux et aux abonné-es à mon infolettre. Si vous n’êtes pas déjà inscrit à mon infolettre, je vous invite à le faire pour vous assurer de recevoir directement dans votre boite courriel les prochains articles : http://optionsante.com/bulletin.php. N’hésitez pas non plus à y inscrire vos parents et ami-es.

Cet article et les suivants sont une mise à jour d’articles parus dans mon livre Chroniques conjugales. Pour tous les couples qui s’aiment et veulent continuer de s’aimer publié en 2014  chez Québec-Livres. Vous pouvez vous procurer ce livre en format papier ou numérique.

Pour accéder aux articles précédents, consultez http://yvondallaire.com/articles/. Vous avez la permission de reproduire et de diffuser ces articles comme bon vous semble, à la condition d’en conserver la référence. Vous pouvez aussi me joindre en tout temps à yvondallaire@optionsante.com. Je lis tous mes courriels, mais je ne peux vous promettre d’y répondre ou d’y répondre rapidement.

Si vous désirez vous former à la thérapie conjugale ou sexuelle positive axée solutions, consultez le site http://fpsp.eu.

Je vous souhaite une excellente journée.

 

Commenter